Par Nadège PULJAK
La France retirera d'Afghanistan un quart de ses soldats -- soit un
millier d'hommes -- d'ici à fin 2012, a annoncé mardi le président
Nicolas Sarkozy en visite-surprise en Afghanistan.
Il s'est rendu dès son arrivée à la base avancée de l'armée française à
Tora, dans le district de Surobi, à l'est de Kaboul, selon une
journaliste de l'AFP.
"Il faut savoir finir une guerre", a-t-il estimé devant les soldats français.
"Il n'a jamais été question de garder indéfiniment des troupes en Afghanistan", a poursuivi le chef de l'Etat.
"Nous retirerons un quart de nos troupes, c'est-à-dire 1.000 hommes, d'ici à fin 2012", a ajouté M. Sarkozy.
Le 23 juin, le président Barack Obama avait annoncé le retrait d'un
tiers des soldats américains d'ici à l'été 2012, soit quelque 33.000
hommes. Les Américains composent plus des deux tiers de la force
internationale de l'Otan en Afghanistan (Isaf).
Le 24 juin, en clôture d'un sommet européen, le président français avait déjà annoncé
que "plusieurs centaines" de soldats français quitteraient l'Afghanistan
"d'ici à la fin de l'année, début de l'année prochaine", dans le cadre
du retrait militaire annoncé peu avant avec les Etats-Unis.
Quelque 4.000 militaires français sont déployés dans le pays, la plupart
en Surobi, à Kaboul et dans la province de Kapisa, au nord-est de
Kaboul. "Les effectifs restants seront concentrés en Kapisa" après fin
2012, a indiqué M. Sarkozy.

La visite du chef de l'Etat, la troisième depuis son élection en 2007,
survient au lendemain de la mort d'un soldat français de 22 ans, victime
d'un "tir accidentel".
Ce soldat est le douzième
militaire français tué dans le cadre des opérations en Afghanistan
depuis le début de l'année, et le 64e depuis le début de l'intervention
française fin 2001.
A Tora, le général Emmanuel Maurin, chef des troupes françaises en Afghanistan, a exposé à M.
Sarkozy la situation sur le terrain, marquée selon lui par "une
radicalisation de l'insurrection, qui ne s'est néanmoins pas étendue
parmi la population".
M. Sarkozy devait rencontrer à Kaboul son homologue afghan Hamid Karzaï et le général américain David Petraeus,
commandant de l'Isaf.
Parallèlement au début de retrait des soldats étrangers doit commencer en juillet, dans sept
zones du pays, le processus dit "de transition", qui prévoit le
transfert progressif de la responsabilité de la sécurité aux mains
forces afghanes sur l'ensemble du territoire d'ici à fin 2014, date à
laquelle l'Otan aura, en théorie, retiré l'ensemble de ses troupes
combattantes.
"En 2014, tous les soldats
français seront partis, il n'y aura plus un soldat français en 2014,
tout sera transféré aux Afghans", a assuré M. Sarkozy à Tora.
"Avec le président Obama, nous faisons la même analyse. La mort de Ben
Laden est un coup très sérieux porté aux terroristes, le transfert des
responsabilités aux Afghans fonctionne bien et la situation sécuritaire
dans certaines provinces (...) s'améliore", avait expliqué le président
français le 24 juin. "Nous avons donc décidé d'en tirer les conséquences
et de ramener à la maison un certain nombre de nos soldats", avait-il
ajouté.
Malgré la présence actuelle de 130.000 à 140.000
soldats de la force internationale, les talibans n'ont cessé, ces
dernières années, d'intensifier leur guérilla et leur insurrection s'est
étendue à la quasi-totalité du territoire.
Les opinions publiques des Etats participant à la force de l'Otan, américaine en
tête, s'opposent désormais majoritairement au maintien de leurs soldats
dans ce que les experts unanimes qualifient de "bourbier".
A Tora, le président Sarkozy a également rencontré le général afghan Nazar
qui commande la brigade afghane déployée en Kapisa-Surobi,
qu'accompagne et conseille l'armée française sur le terrain.
AFP