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2009: Michael Jackson, Johnny et Polanski affolent les médias

PARIS - La mort brutale de Michael Jackson, l'arrestation de Roman Polanski pour des faits commis il y a plus de trente ans, l'hospitalisation de Johnny Hallyday à Los Angeles: retour sur trois événements qui ont aussi marqué l'année 2009.

LE ROI DE LA POP EST MORT

Le 25 juin, les secours de Los Angeles reçoivent un appel d'urgence passé depuis la résidence où s'est installé Michael Jackson. A 50 ans, le chanteur prépare son retour sur scène, une série de 50 dates à Londres qui doit débuter dans trois semaines.

Les médecins ne parviendront pas à le ranimer. L'ex-enfant prodige des Jackson Five a succombé à un cocktail de propofol, un sédatif puissant, et de lorazepam, un anxiolytique.

Sa mort, annoncée par un site internet, TMZ, spécialisé dans la vie des célébrités, est un choc à l'échelle planétaire.

Dans les jours qui suivent, une Jackson-mania déferle sur le monde. Internet sature. Ses albums sont réédités, dont "Thriller" (1982), le disque le plus vendu de l'histoire avec plus de 50 millions d'exemplaires écoulés. Avant la fin de l'été, des biographies sont en vente chez les libraires. MTV diffuse ses clips en boucle.

La chaîne musicale et le chanteur ont une histoire commune: Jackson est le premier artiste noir à avoir été diffusé régulièrement par le "robinet à clips"; en retour, la chaîne musicale a profité à plein de son approche visionnaire du clip. Pour mettre ses chansons en image, Jackson a fait appel à des pointures du cinéma, comme Steven Spielberg ou Martin Scorsese. En 1983 "Thriller", court-métrage d'horreur réalisé par John Landis, a bénéficié d'une sortie mondiale.

Les médias suivent pas à pas les échanges devant les tribunaux, qui doivent trancher la garde des trois enfants du chanteur, sa succession, estimée à 200 millions de dollars, les tractations entre le promoteur des concerts londoniens AEG Live et les assureurs ou les préparatifs complexes de son inhumation.

Le 7 juillet, un hélicoptère filme le cortège funèbre qui se dirige vers le Staples Center pour un hommage public. Stevie Wonder, Berry Gordy, le fondateur de la Motown qui fit signer les Jackson Five, Mariah Carey ou encore Magic Johnson et Martin Luther King III sont sur la scène, devant les caméras qui retransmettent la cérémonie dans le monde entier.

Pour 60 millions de dollars, Sony Pictures obtient les droits d'exploitation des 80 heures d'enregistrement tournées pendant les ultimes répétitions du chanteur. Le film, "This Is It", sorti mondialement fin octobre, rapporte 250 millions de dollars de recettes.

Au classement des requêtes soumises en 2009 au moteur de recherche Yahoo-USA, Michael Jackson détrône Britney Spears qui régnait depuis quatre ans. "Lorsque sa mort a été annoncée, le trafic sur internet est devenu extrême", souligne Vera Chan, qui analyse les tendances pour le compte du portail. Sa mort, ajoute-t-elle, contient tous les ingrédients du mystère et de la tragédie: subite, choquante, frappant une personnalité à la notoriété exceptionnelle et classée en enquête criminelle.

Ces dernières années, la vie de Michael Jackson avait été dominée par ses bizarreries, ses excentricités, ses rapports troubles avec l'enfance, ses comparutions au tribunal. Le chanteur était devenu un mutant traqué par les paparazzi. Avec sa mort, on redécouvre l'impact de la musique et des chorégraphies du créateur du "moonwalk", inhumé le 3 septembre au cimetière de Forest Lawn.

POLANSKI RATTRAPÉ PAR SON PASSÉ

Le vendredi 4 décembre, des dizaines de cameramen et de photographes, les pieds dans la neige, font le siège d'un chalet de bois clair dans la station de Gstaad, dans les Alpes suisses. C'est là que Roman Polanski, assigné à résidence après deux mois de prison, va attendre la décision des autorités suisses.

Le cinéaste a été arrêté le 26 septembre à l'aéroport de Zurich en application d'un mandat d'arrêt délivré par les Etats-Unis. La justice américaine le réclame depuis plus de trente ans, depuis qu'il s'est exilé avant qu'un juge ne rende sa sentence dans une affaire de relations sexuelles illégales avec une jeune fille alors âgée de treize ans. Polanski avait négocié un accord avec la justice de Californie, reconnaissant les faits en échange d'une peine réduite, mais redoutait que l'accord ne soit pas respecté.

Les premières réactions sont indignées. En France, où le réalisateur est né en 1933, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, évoque les deux visages de l'Amérique, "l'Amérique généreuse que nous aimons et l'Amérique qui fait peur", Bernard Kouchner écrit à Hillary Clinton, une pétition court dans les milieux artistiques réclamant sa libération.

Puis le débat se déplace. Nul n'est au-dessus des lois, argue-t-on d'un côté en insistant sur l'âge de la jeune victime quand l'autre camp parle de prescription et reprend les déclarations de Samantha Geimer, qui s'est prononcée pour la clémence et estime qu'en s'exilant de Hollywood, Polanski s'est infligé un châtiment suffisant.

Frédéric Mitterrand, qui va bientôt se retrouver à son tour au coeur d'une polémique, justifie son soutien. "Le fait d'être un grand réalisateur ne vous place pas au-dessus de lois, mais aussi pas au-dessous des lois", dit-il lors d'une conférence de presse en évoquant "le lynchage médiatique auquel Roman Polanski a été soumis il y a trente ans de manière absolument hallucinante".

Mi-décembre, la Suisse annonce qu'aucune décision sur une éventuelle extradition ne sera prise avant le début de l'année prochaine. Polanski pourra faire appel. L'affaire devrait durer des mois encore.

JOHNNY HALLYDAY "A FRÔLÉ LA MORT"

"Vous êtes là pour un imitateur d'Elvis Presley ?" Ce Californien qui vient d'apprendre pourquoi une horde de journalistes français campe devant l'hôpital de Cedars-Sinai n'en revient pas. De même que le journaliste du Los Angeles Times qui rapporte le propos. "Les passants curieux se demandant quelle célébrité a bien pu attirer l'essaim de journalistes et de photographes qui ont été installés dans des tentes et des camionnettes de diffusion satellite restent perplexes quand on leur dit qu'il s'agit du chanteur de pop Johnny Hallyday", écrit-il.

Car l'idole des jeunes est un inconnu pour les Américains. En France, évidemment, il n'en va pas de même. A 66 ans, Johnny Hallyday est un quasi-monument national. En tout cas, l'un des artistes les plus populaires qui a entamé ce qu'il présente comme sa dernière tournée, le Tour 66. Aussi lorsque son hospitalisation au Cedars-Sinai est annoncée, le 7 décembre, c'est le branle-bas de combat pour les correspondants et les envoyés spéciaux des médias français qui convergent sur Los Angeles.

Mais la direction de l'hôpital ne communique aucun bulletin de santé, l'information est rare, se glane auprès de ses proches, de ses amis qui font eux aussi le voyage.

Dans une lettre au chanteur qu'elle publie sur son blog, la correspondante de Radio France aux Etats-Unis, Fabienne Sintes, détaille ses journées, le matin devant l'hôpital, l'après-midi dans le hall d'arrivée de l'aéroport de Los Angeles.

"A l'hôpital, silence radio. Zéro source médicale pour nous aider à comprendre ce qui t'a mis dans cet état. Ou comment tu vas (...) C'est donc faute de se mettre autre chose sous la dent qu'on est tous les jours comme des imbéciles à LAX, à attendre ta famille et tes amis. Il y a trois vols en provenance de Paris tous les après-midi. Des heures d'attente pour trois mots rassurants lancés à la meute en deux minutes."

Johnny Hallyday a dû être opéré des séquelles d'une opération réalisée fin novembre à Paris afin de soigner une hernie discale. Selon Le Parisien, le chanteur aurait été infecté par un staphylocoque doré, qui peut s'avérer fatal. "J'ai frôlé et côtoyé la mort", écrira le chanteur dans un document dactylographié signé de sa main.

Le 14 décembre, soulagement, le chanteur est sorti du coma artificiel dans lequel il avait été plongé. Le barnum peut lever le camp. Mais Johnny n'est plus un inconnu aux Etats-Unis. "Mon Jojo, tu vas être content, écrit encore Fabienne Sintes, la presse américaine est là. J'aimerais pouvoir te dire qu'elle s'inquiète de ta santé (...) mais comment te dire, les journalistes de Los Angeles en fait ne sont pas venus pour toi. Ils sont là pour nous. Ta meute. Ta glu."

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