1 – Le handicapé du français.
Signes particuliers : écrit
avec ses deux mains gauches, malmène la langue de Molière, pense que
Bescherelle est le nom d’un DJ espagnol qui va bientôt passer à
« l’Odion », combine le langage texto au langage des extraterrestres.
« slt sava kestuféee ? » Rien, mais je peux t’apprendre à parler
français si tu veux .
2 – La dépressive chronique.
Signe particulier :
collectionne les déceptions et chagrins d’amour, n’a pas une once d’égo
« mais pourquoi est-il partiiiiiiiiiiiii? » Elle tente parfois les
allusions fines (« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé »),
publie souvent des vidéos pour illustrer ses propos, dans le registre
invariable de l’amour impossible et des ruptures, et trouve toujours une
photo de nounours rose dans laquelle elle nous tague. Allez, Cosette !
Nous aussi on va te quitter !
3 – Les jet-setters voyageurs faussement modestes.
Leurs statuts sont une atteinte au moral des travailleurs : « Week-end
à Miami », « Vacances au Nicaragua », « Vient d’arriver à Tombouctou »,
une pointe d’exaspération en plus : « En a marre de passer sa vie entre
2 avions », « Trop fatigué par le décalage horaire », « Ma centième
paire de Jimmy Choo ne veut pas rentrer dans ma malle Vuitton ». Vous,
vous êtes dans votre bureau, il fait 40 degrés à l’ombre et vous n’aurez
pas de vacances avant septembre. Vous avez un peu de mal à compatir.
4 – La copine mal intentionnée.
Sa spécialité : vous
taguer sur tout type de photos où vous êtes mal en point (œil qui
louche, cheveux en bataille, photos de lycée où vous exhibez
l’artillerie chemise à carreaux /lunettes fond de bouteille /appareil
dentaire. Dès que vous détaguez, elle surenchérit avec un comment :
« 3leeeech, se3a mahlek sur la photo ! ». Elle ruine en un post tout
votre capital glamour : « Alors, chérie, remise de ta gastro ? ».
Plus d’un an que vous avez rompu, il garde toujours l’album «Good times »
contenant vos petites photos niaises de couple qui se LOOOVE et est
toujours « En couple ». Il interprète toutes vos activités sur Facebook
comme un signe de nostalgie de votre part : a rejoint le groupe
« sauvons les baleines», «tu te souviens du bon vieux temps où on
voulait changer le monde et sauver les baleines? ». Le plus grave, c’est
qu’il semble avoir un détecteur de vos horaires de connexion : 12h01
connectée, 12h02 « Salut, ça va ? »
Ses statuts/posts ressemblent à un discours du mofti el joumhouria,
sauf que vous ne savez jamais si demain c’est l’aïd ou pas. Il prêche
« la bonne parole », s’insurge contre la décadence des filles
tunisiennes et cette infamie qu’est le port du string. Alors, à force de
nous bombarder de vidéos de propagande annonçant la fin du monde, on
s’exécute et on rejoint « Si ce groupe atteint 1.000.0000 de personnes,
on ira tous au paradis »
7 – L’ex qui vit trop bien la rupture.
Une semaine après votre rupture, il
affiche sur sa photo de profil une mine resplendissante et bronzée… et
surtout une nouvelle conquête qu’il enlace comme un trophée. On ne la
voit pas très bien mais elle a l’air sacrément élancé cette gigasse !
Vous cliquez pour voir quelle tête elle a, elle est en profil limité, la
bouffonne !
8 – La collègue de bureau pipelette.
Surnommée « 3in enemer » (« Eye
of the Tiger ») pour sa capacité de « tnassnis», elle flique toute la
boîte sur Facebook et n’hésite pas à alimenter les ragots de couloirs.
Dès que vous postez une information, elle est relayée et amplifiée dans
tout l’open space. Et en pleine réunion, elle vous balance d’un air
innocent (après avoir vu vos dernières photos de week-end) : « C’était
bien, Hammamet ? » Vous aviez pris votre vendredi pour une intoxication
alimentaire…
9 – Le RP des soirées de la loose.
Signes particuliers :
photo de profil prise en boîte avec des lunettes de soleil, un verre à
la main et deux blondasses en mode piliers. Il spamme votre inbox avec
des invitations pour des soirées auxquelles vous n’irez jamais : diner
gala de « Rochdi Chouchane » au cabaret « El Khala », match Gaouefel
Gafsa vs Olympique du Kef en HD, open bar Zitoune, DJ Carapicho Number
One des charts moldaves enflamme la discothèque de l’hôtel Samir… Merci
mais non merci.
10 – La pouf qui s’ignore.
Blonde peroxydée, moue de star, jean très très moulant qui menace d’exploser, lunettes de soleil D and G
(Dolly and Gabriella) dans une photo visiblement prise dans sa chambre
(poster de OK Podium en fond), elle rejoint toutes les pages d’artistes
orientaux : « Ramy Ramech », « Ragheb Mahmecha », « Haifa Ellibia » et
lorsqu’elle rejoint la page « Si toi aussi tu trouves que le nombre de
poufiasses augmente dangereusement en Tunisie », on a une folle envie de
commenter « En effet , +1 à l’instant »
Emna Darghouth. (femmesdetunisie.com)