• Vers quatre jours de grève dans le transport aérien en France

    PARIS (Reuters) - Les syndicats français de pilotes de ligne et la majorité des organisations de stewards, hôtesses et personnels au sol appellent à la grève du 6 au 9 février contre le projet d'instaurer un service garanti dans les transports aériens.

    Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL France ALPA), premier syndicat de pilotes, ainsi que cinq syndicats (CGT, FO, SNPNC, UNAC et UNSA) d'Air France demandent à l'ensemble des personnels de la compagnie de cesser le travail pendant quatre jours.

    Les syndicats de pilotes Alter, Spaf et UNOPL avaient eux aussi prôné jeudi la grève contre un texte qui constitue selon eux "une atteinte grave aux droits fondamentaux des salariés des entreprises de transport aérien."

    Air France prévoit d'assurer lundi plus de 85% de ses vols long-courrier et plus de 80% de ses vols moyen-courrier.

    "La compagnie s'organise au mieux pour ajuster son programme de vol en fonction du niveau de participation des personnels du transport aérien à ce mouvement", écrit-elle dans un communiqué. "Cependant, ceux-ci n'étant pas obligés de prévenir au préalable de leur intention, des retards et annulations de vol de dernière minute restent possibles."

    Les prévisions de trafic de mardi seront communiquées lundi.

    Sur son site internet, la compagnie aérienne propose plusieurs possibilités de modifications sans frais pour les passagers ayant un billet prévu entre le 6 et le 9 février.

    Philippe Vivier, vice-président du SNPL, a précisé à Reuters que le mouvement de grève était reconductible.

    Il a souligné que le syndicat avait organisé un référendum pour obtenir l'accord des adhérents et que 73% de ses membres avaient opté pour une grève reconductible -mais pas automatiquement- à partir du 10 février.

    "Nous ferons d'autres journées de grève en février à une date qui reste à déterminer", a-t-il dit.

    AMÉNAGEMENTS DU TEXTE

    Le SNPL avait demandé au gouvernement des aménagements du texte rejeté par les syndicats et le ministère des Transports a fait des propositions jeudi. Mais il a refusé toute modification du texte de loi, affirme le SNPL dans un communiqué.

    "Le gouvernement ment à la population sur le véritable objectif de cette loi qui ne répond ni à la volonté d'information des passagers, ni à l'instauration d'un service garanti", ajoute le syndicat.

    Les députés français ont adopté fin janvier une proposition de loi UMP controversée dont l'objet est d'encadrer le droit de grève dans les transports aériens pour éviter que les passagers se retrouvent coincés dans les aéroports.

    Ce texte sera examiné au Sénat à partir du 15 février et les opposants à ce texte entendent se battre jusqu'au bout.

    Le gouvernement avait décidé d'inscrire cette proposition à l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée le 20 décembre dernier, au moment où une grève des agents de sûreté perturbait gravement l'activité des aéroports.

    Le texte prévoit notamment une déclaration préalable des grévistes 48h avant le conflit et une prévision de trafic pour les usagers, au plus tard 24 heures avant le début de la grève, comme à la SNCF ou à la RATP.

    Gérard Bon, avec Chine Labbé


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