• Syrie: Obama exige le départ d'Assad et annonce de nouvelles sanctions

    WASHINGTON

    Barack Obama a pour la première fois jeudi exigé la démission du président syrien Bachar al-Assad et annoncé avoir pris de nouvelles sanctions très dures contre le régime de Damas.

       "Nous avons à maintes reprises expliqué que le président Assad devait mener une transition démocratique ou démissionner. Il n'a pas mené (cette transition). Dans l'intérêt du peuple syrien, le temps est venu pour le président Assad de se retirer", explique M. Obama dans un communiqué.

       La Maison Blanche n'a toutefois pas l'intention de rappeler l'ambassadeur américain en Syrie, Robert Ford, à l'inverse de plusieurs pays arabes. "Nous avons besoin de lui sur place", a déclaré Tommy Vietor, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain.

       C'est la première fois que les Etats-Unis appellent explicitement au départ de Bachar al-Assad, dont le régime est depuis cinq mois en proie à un mouvement de contestation. La répression a fait près de 2.000 morts.

       Le président américain, condamnant la "brutalité" avec laquelle le régime réprime les manifestations, assure que son pays "ne peut et ne veut imposer la transition" au peuple syrien et qu'il lui revient à lui "de choisir ses nouveaux dirigeants".

       Parallèlement, le président américain annonce avoir signé un décret interdisant l'importation de pétrole et de produits pétroliers de Syrie aux Etats-Unis et gelant tous les avoirs que l'Etat syrien pourrait avoir sous juridiction américaine.

       "Répondant à l'escalade ininterrompue de la violence contre le peuple syrien", les nouvelles sanctions ont pour but "de faire en sorte qu'aucun actif de l'Etat syrien soumis à la juridiction des Etats-Unis ne puisse être utilisé pour prolonger la campagne de violence et de répression menée par le régime syrien contre les citoyens de Syrie", écrit le département du Trésor dans un communiqué.

       Le décret présidentiel instituant ce renforcement de l'arsenal de sanctions contre Damas autorise également le Trésor à prendre des mesures de rétorsion contre toute personne morale ou physique, américaine ou non, "qui apporterait un soutien à l'Etat syrien", indique le communiqué du ministère.

       Lors d'une brève allocution jeudi, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a jugé que ces nouvelles sanctions frappaient le régime syrien "en plein coeur".

       Jusqu'à maintenant, les Etats-Unis n'avaient pas explicitement appelé le président syrien à la démission.

       Mardi, Mme Clinton avait déclaré qu'il serait plus efficace que la Turquie ou l'Arabie Saoudite exhortent le président Assad à se retirer plutôt que les Etats-Unis, car ces pays "ont une plus grande influence" sur le dirigeant.

       "Cela ne va pas changer grand chose si les Etats-Unis disent qu'Assad doit partir", avait expliqué la chef de la diplomatie lors d'un échange de vues à l'Université nationale de la Défense, soulignant que "si la Turquie ou le Roi Abdallah (d'Arabie) le font, le régime Assad ne peut l'ignorer".

       Et jeudi, les dirigeants français, Nicolas Sarkozy, allemand, Angela Merkel, et britannique, David Cameron, mais aussi Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, ont également appelé M. Assad à "quitter le pouvoir".

       Un peu plus tôt jeudi, un rapport du Haut commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, avait indiqué que les "graves violations des droits de l'homme" en Syrie contre les manifestants "pourraient relever de crimes contre l'humanité".

       Mme Pillay, qui doit s'adresser jeudi au Conseil de sécurité, compte lui demander que la Cour pénale internationale lance une enquête sur la répression en Syrie, selon des sources diplomatiques.

    AFP


    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :