• Quel type de fan de Metallica es-tu ?

    Le Black Album a vingt ans, et ce sera la justification de ces lignes parce que Metallica ne peut pas être qualifié de "son perdu", sauf peut-être le Ron McGovney's '82 Garage demo et ses reprises foireuses de Diamond Head.

    L'album noir, l'album sans nom. L'album qui a été cette coupure nette dans la carrière d'un groupe qui a révolutionné un genre avant de l'ouvrir, quoique un peu édulcoré, au grand public. L'album qui a été accouché dans la douleur par un Bob Rock limite tyrannique (voir le documentaire A Year and a Half in the Life of Metallica), qui a coûté trois divorces aux membres du groupe, qui s'est vendu à plus de 20 millions d'exemplaires et que tu peux toujours entendre dans des boîtes de nuits, de fêtes foraines, des mariages, à la radio, chez ton dentiste.

    A posteriori, on se dit que James et les autres ont consciemment fermé une parenthèse en 1991, après avoir fait le tour du thrash pur et dur, sans être sûrs vers quoi ouvrait la nouvelle. Avant, Metallica c'était des patchs sur des vestes en cuir, les premières parties du Ozzy des eighties, le solo de Cliff Burton sur Anesthesia (Pulling Teeth), l'ombre de Dave Mustaine, des litres de bières et de riffs mélodiques & méchants, écrits à 150 kilomètres/heure et joués encore plus vite.

    Après le Black Album, c'est aussi devenu les disques de platine (15 !), les tapes dans le dos de la presse grand public, les qualificatifs "thrash progressif" et "hard rock FM" qui fusent. C'est aussi devenu ta voisine qui te dit "Metallica ? Ouais, je connais leur chanson Never Never Land", Nothing Else Matters sur des séries américaines, les t-shirts chez H&M.

    Vingt ans après, c'est pourtant pas absurde de dire que leur influence n'a jamais été aussi grande, même si leurs meilleures années musicales sont loin derrières eux (quelque part entre 1984 et 1987). Metallica a atteint un tel point de notoriété transgénérationelle que ce n'est même plus étonnant d'entendre des métalleux de 35 ans dire qu'ils écoutaient Master of Puppets à 10 ans, et d'autres de 20 ans dire qu'au même âge ils étaient sur le Black Album.

    Autre astuce pour asseoir cette idée : le fait que tout un tas de gens leur crachent dessus pour tout un tas de raisons. Faut bien se souvenir que ça a toujours été vrai pour Metallica, contrairement à d'autres groupes qui ont choppé une formule et l'ont jamais lâché, la stratégie même approche + des riffs différents.

    En 1984, le milieu s'arrachait les cheveux parce qu'il y avait une putain de BALADE sur Ride The Lightning. En 1991, on sait ce qui c'est passé. En 1996 pour Load, ils se coupent les cheveux et des gens brûlent leurs tshirts. En 2003 pour St. Anger, le bruit de la caisse claire & la fin des solos provoquent des émeutes. On a tous nos raisons pour avoir tourné le dos à Metallica, et tous des raisons d'être revenus. Ca dépend surtout de la période pendant laquelle t'as découvert le groupe. Alors, quel type de fan de Metallica es-tu ?

    Le fan hard-core de la première heure ('81-'84). Forcément originaire de la Bay Area, il avait le patch sur l'arrière de sa veste pendant les premiers concerts, quand Jaymz avait pas encore mué. Beaucoup de chances pour qu'il ait bu une bière avec Mustaine, qu'il ait frappé quelqu'un sur Metal Militia et qu'il connaisse les paroles de Phantom Lord. A lâché le groupe après la sortie de Ride The Lightning, quand ils se sont "vendus". Ils ont même fait une balade !

    Le fans de la période dorée ('84-88). Toi aussi tu ferais le fier si t'avais eu la chance d'être témoin du tryptique le plus impressionnant de l'histoire du métal. Surtout qu'il était tout devant pendant la tournée avec Ozzy, presque assez pour toucher les pattes d'eph' de Cliff. D'ailleurs, ca n'a plus jamais vraiment été pareil après sa mort. C'est pour ça qu'il a lâché le groupe.

    Le fan arrivé en retard, mais pas trop ('88-'91). Bon, tout le monde en parle dans la queue pour le concert de Mötley Crüe, alors il écoute. Et, euh...c'est froid, c'est impressionant de violence à peine contenue. C'est vide de basse, c'est rempli de tristesse. Il alterne régulièrement entre ses derniers disques de hardcore et les 9:48 de To Live Is To Die. C'est puissant, clinique. En voyant arriver la grosse machine de guerre du début des '90s, il lâche le groupe. C'est devenu trop grand public. En plus ils ont même fait une balade avec un orchestre !!

    Le fan arrivé avec la plus grosse vague ('91-'96). Au choix, un pote lui file une cassette à la récré, il entend la phrase "Eeeeeeexit Lightaaaa / Eeeeenter Nightaaa" à la radio ou il danse un slow maladroit sur Nothing Else Matters. Ca devient soit son groupe préféré, sa porte d'entrée vers une musique dont il avait jamais écouté une note jusqu'ici, soit un truc à mettre dans la même case que U2, INXS et compagnie. Le premier sera dégoûté par le côté country de Load, le deuxième le sera par sa couverture (du sperme et du sang !). Dans les deux cas, ils lâchent le groupe.

    Le fan qui a vu Metallica sur MTV et a bien kiffé ('97- ∞). Il a trouvé que la vidéo de Until It Sleeps était pas maaaaaal, un petit côté Tool en plus cheap. Il avait toujours pensé que Metallica, c'était du métal pour décérébrés et il est agréablement surpris. Il va même les voir en concert, du coup, mais là ils ont joué une horreur qui s'appellait...euh, Disposable Heroes. Et en plus y'avait un mec devant, avec une veste en cuir et un super vieux patch qui devenait fou et frappait tout le monde. Du coup, il a lâché le groupe.

    Et au fait, si la meilleure chanson du Black Album était en fait...

    Metallica - The God That Failed

    music.blog.lemonde.fr


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