• Open de Paris : Federer enfin couronné à Bercy

    Jo-Wilfried Tsonga n'a pu empêcher Roger Federer de triompher (6/1, 7/6[3]) à Paris pour la première fois de sa carrière. Grâce à cette victoire, le Suisse devient le seul joueur, avec André Agassi, à avoir gagné aussi bien à Roland Garros qu'à Bercy.

    Il n'y a rien à faire. Juste se taire et accepter que Roger Federer est, de temps à autre, un joueur inaccessible, qui a décroché ce dimanche son premier sacre à Bercy, le 69e de sa carrière ! Jo-Wilfried Tsonga savait pertinemment que, dès lors qu'il s'extrait de sa condition de joueur mortel pour tutoyer des cimes définitivement inaccessibles aux autres, Federer ne pouvait être battu. Le Français l'a une nouvelle fois appris à ses dépens, le temps d'un set et d'un tie-break. L'envie n'est pas en cause. Non. Plutôt le gouffre qui le sépare encore des légendes.

    Peu après 15h, tandis que beugle la sono du POPB, les deux hommes entrent sur le court dans une pénombre absolue, seulement entrecoupée par quelques flashes saccadés. Jo a les yeux illuminés, un large sourire lui mange le visage. Il semble tout à sa joie d'être là et de défier Roger Federer. 15.000 spectateurs, aussi déchaînés que si l'on approchait d'une fin de set brûlante, attendent fiévreusement le début des hostilités, de cette finale de rêve que tous appelaient de leurs voeux en début de semaine. Il faut dire qu'entre les forfaits, la diminution expresse du contingent français et les ténors à moitié éclopés, Bercy ne s'annonçait pas forcément grandiose. Se voir offrir pareille affiche n'en est que plus jouissif.

    Un deuxième set à l'arraché

    D'autant qu'immédiatement, Tsonga semble bien plus consistant dans ses frappes que contre Isner. Dans le premier jeu, Federer ne passe aucune première et se retrouve confronté à deux balles de break. Expédiées "presto", sans sourciller. Et, au jeu suivant, malgré deux aces claqués par Jo, Federer, porté par un coup droit fumant, prend aussitôt le large. Une fois que le Suisse a mis les voiles, impossible de suivre la cadence. A ses aptitudes illimitées, Federer donne en plus l'impression, cette semaine, d'apporter (enfin) un soin tout particulier à l'exploitation des failles de ses opposants. Déjà, Berdych, n'avait su comment s'extirper du revers slicé cotonneux. Tsonga est, lui, incapable de desserrer l'étreinte de Roger, qui, irrésolument porté vers l'avant, multiplie les assauts sur le revers du Français.

    Tandis que Roger refuse de reculer et de quitter sa ligne, Jo est privé d'options, incapable de renverser le rapport de force. Le numéro 4 mondial galope, Tsonga s'embourbe dans une stratégie aux contours bien vagues. Remettre ? Attaquer à tout-va ? Le rendu est au carrefour de ces deux idées directrices mais l'efficacité est proche du néant. Du coup, le premier acte est une longue procession à sens unique, bien vite suivie par une deuxième manche plutôt étrange.

    Son service porte Jo qui enquille les jeux faciles tandis que Federer baisse sensiblement de pied. Déréglé, surtout au service (pourquoi ces premières balles à 170 km/h ?), Roger est constamment sous la menace adverse. Tsonga croit même avoir "breaké" mais une annonce tardive du juge de ligne gâche la fête dans les cris et la confusion. Finalement, un tie-break vient ponctuer ce set curieux. Et, comme par enchantement, la foudre jaillit à nouveau de la raquette du Suisse. L'intermittence de ses fulgurances rend ces instants de plus en plus précieux. Federer survole les débats. Une manière de rappeler une énième fois que les champions se révèlent dans les instants les plus tendus.

    Ca y est, Federer n'est plus maudit à Paris. Tantôt flamboyant, tantôt plus besogneux, il a écrasé la semaine de toute sa stature. Désormais, on a hâte de le revoir à l'oeuvre contre Djokovic, Murray, ou Nadal, son plus fidèle rival. Hâte aussi de revoir Jo Tsonga au Masters de Londres. En fait, on ne veut pas que ça s'arrête.

    lemonde.fr


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