• Les forces syriennes entrent de nouveau dans Homs

    Des blindés ont pénétré samedi 20 août à l'aube, à Homs, où au moins cinq manifestants ont été tués la veille lors d'un rassemblement contre le régime du président Bachar al-Assad. "Plusieurs blindés ont pris position à l'aube dans le quartier de Khalidyieh", a affirmé à l'AFP le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.
    "Durant toute la nuit et ce matin (samedi) des tirs ont été entendus à Khalidiyeh, à Baba Omrou et à Inchaat", a-t-il ajouté.

    Des militants font par ailleurs état de tirs à l'arme lourd, et de l'intervention d'hélicoptères de l'armée qui survolent la zone. L'agence Reuters indique que l'électricité et les moyens de communication ont été coupés.

    Cette offensive survient au lendemain de nombreuses manifestations organisées dans le pays pour réclamer une nouvelle fois le départ du pouvoir du président Bachar Al-Assad. Violemment réprimées, celles-ci ont fait plus de 30 morts, dans la province de Deraa (sud), berceau du mouvement de contestation du régime du président Bachar al Assad, à Homs (nord de Damas), dans des banlieues de la capitale et dans la ville de Palmyre.

     PERQUISITIONS À LATTAQUIÉ

    Cette incursion intervient deux jours après que le président Bachar al-Assad a assuré au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon que les opérations militaires contre les contestataires avaient pris fin. A Lattaquié (ouest), les forces de sécurité perquisitionnaient le quartier de Qniniss, où l'armée est intervenue massivement cette semaine, a indiqué l'OSDH.

    La Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a indiqué qu'il y avait désormais des "preuves" de "crimes contre l'humanité" commis en Syrie, appelant le Conseil de sécurité à saisir la justice internationale. Elle a précisé que son organisme avait dressé une liste de 50 dignitaires du régime syrien considérés comme responsables de la violente répression, y compris des tortures et des assassinats.

    Mme Pillay a ajouté que d'éventuelles actions à entreprendre seraient examinées lundi au cours d'une réunion du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU. Un rapport de 12 pages publié le 18 août et établi par une mission de 13 experts mandatés par Mme Pillay dresse un catalogue glaçant de brutalités et d'actes de répression contre la population civile, qui pourraient relever de "crimes contre l'humanité". Indépendamment des débats sur les sanctions, une mission humanitaire de l'ONU doit se rendre prochainement en Syrie pour témoigner de la répression, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU.

    RÉUNION D'OPPOSANTS À ISTANBUL

    Des opposants syriens devaient se retrouver samedi pour deux jours à Istanbul afin d'inaugurer le "Conseil national" formé en juin pour coordonner la lutte contre le régime de Damas, a-t-on appris de sources concordantes. Cette réunion survient au lendemain de l'annonce par l'opposition de la création d'une coalition unifiant ses rangs. Baptisée "l'instance générale de la révolution syrienne", cette coalition est le fruit de la fusion de 44 groupes et comités de coordination qui animent la contestation.

    Le département d'Etat américain a jugé vendredi l'opposition syrienne "plus soudée" aujourd'hui qu'au début de la contestation. L'ONG de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a de son côté appelé l'Organisation de coopération islamique (OCI) à prendre des mesures contre la Syrie."La Syrie se moque (...) de ses obligations internationales en tuant illégalement, en faisant disparaître, en torturant et en assiégeant des villages et des villes", a écrit Sarah Leah Whitson, responsable de HRW pour le Moyen-Orient, dans une lettre au secrétaire général de l'OCI.

    LeMonde


    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :