• Les Etats-Unis repoussent à 2013 le spectre du défaut de paiement

    Après la Chambre des représentants lundi, le Sénat américain a
    approuvé, mardi 2 août, le projet de loi sur le relèvement du plafond de
    la dette. Alors que la chambre basse du Congrès, majoritairement
    républicaine, avait approuvé le texte par 269 voix contre 161, le Sénat,
    majoritairement républicain, a lui apporté une approbation plus
    massive, avec 74 voix contre 26. Le Sénat devait rassembler au moins 60 voix sur 100 pour pouvoir approuver le texte.

    Le président Barack Obama a peu après promulgué la loi, évitant ainsi un défaut de paiement des Etats-Unis. "Ce n'est pas le plan de réduction des déficits que j'aurais écrit", a affirmé peu avant le vote, le chef de la minorité républicaine, Mitch McConnell, devant le Sénat. Les républicains auraient souhaité encore davantage de réductions budgétaires. Le chef démocrate, Harry Reid, a ensuite souligné qu'il s'agissait d'un "compromis" entre deux parties en désaccord. Mais il ajouté que "la
    majorité des démocrates, des indépendants et des républicains pensent
    que cet arrangement est injuste car les plus riches n'y ont pas
    contribué"
    . Le texte ne comporte aucune hausse d'impôt, un point sur lequel M. Obama a dû céder face à la pression des républicains.

    >>> Lire les faits : "Le Sénat américain adopte le projet de loi sur la dette"

    Dans le détail, le compromis, obtenu dimanche soir à l'arrachée entre la Maison Blanche
    et les chefs parlementaires, prévoit un relèvement du plafond de la
    dette, fixé jusqu'ici à 14 300 milliards de dollars, d'au moins 2 100
    milliards de dollars, de sorte que les engagements américains seront
    assurés jusqu'en 2013. Ce relèvement est conditionné par une première
    réduction des dépenses de 1 000 milliards de dollars sur les dix ans à venir, dont 350 milliards de baisse des dépenses de défense. Une deuxième réduction d'au moins 1 500 milliards de dollars devra être ensuite dégagée par une commission bipartisane du Congrès.

    Le gouvernement repousse ainsi le spectre du défaut de paiement. Le Trésor américain pourra continuer à emprunter après le 2 août, les fonctionnaires recevoir leurs salaires et les vétérans de l'armée américaine leurs soldes. Les Etats-Unis seront également en mesure de financer les aides sociales.

    >>> Lire l'analyse : "Comprendre la crise de la dette américaine"

     

      
         

    "Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire croître cette économie et remettre l'Amérique au travail", a affirmé Barack Obama après le vote.

         

    "Nous devons faire tout ce qui est
    en notre pouvoir pour faire croître cette économie et remettre
    l'Amérique au travail", a affirmé Barack Obama après le vote.REUTERS/LARRY DOWNING

      

     

    Non seulement les Etats-Unis devraient donc être en mesure de payer leurs créanciers, mais, bonne nouvelle, l'agence de notation Fitch a salué cette décision et ne devrait pas abaisser la note du pays, le compromis étant jugé "conforme" à une note AAA. La première puissance mondiale va donc continuer de jouir de la note la plus prestigieuse, qui lui permet d'emprunter à taux bas. Sa dégradation affecterait dangereusement la confiance des marchés.

     Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, avait prévenu, lundi, dans un entretien accordé au Figaro, qu'une éventuelle baisse de la note des Etats-Unis pourrait se répercuter sur l'Europe.

    Le vote du Congrès va donc rassurer
    – un temps – les marchés. Derrière le compromis de façade, à
    Washington, démocrates et républicains se livrent à la bataille de
    l'opinion, avec l'élection présidentielle de 2012 dans le viseur. De
    l'avis de nombreux éditorialistes, Barack Obama et le président de la
    Chambre des représentants, le républicain John Boehner, sortent épuisés de l'affrontement.

    Il n'y a "aucun gagnant, que des perdants", affirme Richard Adams du journal britannique The Guardian. L'accord ne satisfait personne. Il permet néanmoins à Barack Obama de tendre la main aux indépendants. Les républicains parviennent de leur côté à réduire le rôle du président au rang d'arbitre. Bien qu'insatisfait de la faible ampleur des coupes budgétaires prévues, le Tea Party, fraction la plus conservatrice du Parti républicain, a imposé son ordre du jour tout au long des débats.

    LeMonde


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