• Les cartels mexicains ont de plus en plus recours à internet pour communiquer, recueillir des informations ou même recruter, laissant un certain nombre de traces qui pourraient être mises à profit pour les combattre, affirment des experts antidrogue réunis au Mexique.

    La lutte contre la criminalité était au centre d'une réunion de représentants des 33 pays de l'Organisation des Etats américains (OEA) réunis cette semaine à Cancun (sud-est du Mexique) pour définir un plan Continental de lutte contre ce fléau qui gangrène la région.

    Les cartels mexicains et leurs réseaux transfrontaliers, par lesquels transite la plus grande partie du trafic de drogue vers les Etats-Unis, sont les premiers visés.

    Pour lutter de concert, experts, responsables policiers et militaires étudient de nouveaux mécanismes pour centraliser et obtenir des informations, mais cherchent aussi à rattraper leur retard technologique sur les criminels.

    Parmi les pistes étudiées pour recueillir ces informations, figurent les dispositifs de géo-localisation permettant de retrouver les criminels grâce aux données envoyées avec leurs téléphones portables ou ordinateurs.

    L'institut privé américain Southern Pulse a ainsi pu établir une carte interactive et évolutive des activités et zones de recrutement du narcotrafic à Monterrey Nord du Mexique).

    Les plus grands groupes criminels du Mexique, tels que celui des Zetas, connu pour son extrême cruauté, ou de Sinaloa, du puissant "capo" Joaquin "El Chapo" Guzman, utilisent depuis longtemps internet pour terroriser leurs ennemis avec des vidéos de leurs exécutions, mais ils ont plus récemment découvert bien d'autres avantages à exploiter la toile.

    Ces derniers mois, des jeunes détenus aux Etats-Unis ont rapporté avoir été recrutés par des cellules des Zetas via des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter avant de prendre les armes ou de participer à des transports de clandestins.

    "De nombreux messages sont camouflés derrière des félicitations ou d'innocentes salutations sur les réseaux sociaux", expliquait récemment à la presse un expert mexicain du renseignement militaire.

    Un rapport de l'agence américaine anti-drogue (DEA) signalait également fin 2011 que les cartels "observent sur les réseaux sociaux (les comptes) de leurs membres pour obtenir des informations" notamment sur leurs familles, qu'ils ne manquent pas d'exploiter en cas de désertion.

    Certains groupes comme les Zetas comptent aussi maintenant des pirates informatiques dans leurs rangs, chargés de débusquer adresses, numéros de téléphone ou données bancaires de leurs victimes potentielles d'extorsion ou d'enlèvement, précisait le même rapport.

    Une information confirmée par le directeur de Southern Pulse, Samuel Logan, qui a averti cette semaine devant des Journalistes à Mexico qu'il existe "un lien entre la criminalité organisée et des cellules locales de hackers".

    Ainsi selon lui, les gouvernement doivent s'organiser pour protéger leur accès au cyberespace.

    "Une meilleure collaboration en matière d'échange d'informations en temps réel est nécessaire en vue de mettre en place des opérations plus efficaces", confirme depuis Cancun le général de police colombien Oscar Naranjo.

    Selon lui, les gouvernements doivent prendre exemple sur les criminels, qui ont su très tôt exploiter le potentiel des nouvelles technologies.

    Signe de la vulnérabilité des criminels face à internet, la libération fin 2011 par les Zetas d'un membre du collectif de pirates informatiques Anonymous, après la menace par ces derniers de la divulgation de données cruciales sur l'organisation criminelle.


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  • Avec près de 380 millions de dollars en 2011, Tim Cook devance largement Larry Ellison, le PDG d'Oracle, et Leslie Moonves, le patron de la chaîne de télévision CBS.

    Le directeur général d'Apple Tim Cook figure en tête de la liste des patrons américains les mieux payés en 2011, grâce à des options d'achat d'actions lui permettant de devancer de plus de 300 millions de dollars son plus proche rival, selon une enquête du Wall Street Journal.

    M. Cook, qui a assumé la direction générale d'Apple en août, deux mois avant la mort du fondateur et précédent patron Steve Jobs, affiche une rémunération de quelque 377,98 millions de dollars, selon un enquête publiée lundi.

    Sur ce total, M. Cook a gagné quelque 900.000 dollars en salaire et autant en prime de performance. L'essentiel de sa rémunération vient du million d'actions assujetties à des restrictions qui lui ont été accordées au moment de sa nomination.

    Le fondateur et directeur général d'Oracle Larry Ellison apparaît en deuxième place de ce classement, avec 76,01 millions de dollars.

    Ces chiffres, tirés des rapports annuels aux actionnaires, ont été compilés par Hay Group pour le compte du quotidien et portent sur les 300 plus grandes entreprises cotées aux Etats-Unis selon leur chiffre d'affaires.

    Le patron de la chaîne de télévision CBS Leslie Moonves est en troisième position avec 69,32 millions de dollars, suivi du directeur général de la chaîne d'habillement en difficulté JCPenney, Ronald Johnson (53,27 millions de dollars), recruté chez Apple en novembre.

    Le PDG de Motorola Mobility Sanjay Jha est cinquième avec 46,59 millions de dollars.

    Le top 10 comprend encore les patrons de Citigroup, Viacom, Motorola Solutions (équipements télécoms professionnels), Walt Disney et Ford, dont le patron Alan Mulally a gagné 28,89 millions de dollars.

    Le Wall Street Journal a noté que la rémunération de M. Cook l'an dernier était la plus grosse qu'il ait jamais enregistrée depuis 2006. Mais le quotidien a aussi noté qu'Apple avait expliqué aux actionnaires que cet octroi d'actions était valable pour les 10 ans à venir, et non seulement pour l'année 2011. La moitié du million d'actions accordées devra être gardée jusqu'à 2016 au moins, le restant jusqu'à 2021 au moins.


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  • L'Australienne a triplé sa fortune en un an grâce à l'envolée des prix des matières premières et à deux contrats conclus dans le charbon et le minerai de fer.

    La hausse des matières premières n'est pas un problème pour tout le monde. C'est même une bénédiction pour Gina Rinehart. Cette multimilliardaire australienne, héritière des mines Hancock, est devenue en l'espace d'un an la femme la plus riche du monde.

    La riche héritière vient de doubler l'Américaine Christy Walton, la veuve d'un des fils du fondateur des célèbres supermarchés Wal-Mart.

    Ce sont les résultats de l'étude annuelle de la Business Review Weekly (BRW) publiée aujourd'hui mercredi 23 mai.

    Selon la liste des 200 personnes les plus riches établie par BRW, Gina Rinehart, 58 ans, dispose d'une fortune personnelle de 29,17 milliards de dollars australiens (22,48 milliards d'euros).

    Pourtant, en mars, le magazine Forbes établissait la fortune Gina Rinehart à 18 milliards de dollars, loin derrière sa concurrente Christy Walton, à 25,3 milliards de dollars.

     Le responsable de la liste de la BRW, Andrew Heathcote, a expliqué que l'héritière des mines Hancock avait quasiment triplé sa fortune en un an grâce à l'envolée des prix des matières premières et à deux contrats conclus dans le charbon et le minerai de fer.

    "La hausse de 18,87 milliards [de dollars australiens] de sa fortune est sans précédent. Elle résulte d'investissements étrangers dans de nouveaux projets, d'une hausse de la production (minière) et d'une reprise des prix du minerai de fer ces six derniers mois", a-t-il expliqué. Si le boom des matières premières se poursuit, "une fortune de 100 milliards de dollars n'est pas impossible", a-t-il ajouté.

    Les positions de Gina Rinehart font polémique en Australie : la multimilliardaire mène une campagne de lobbying vigoureuse contre l'introduction de nouvelles taxes minières.


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  • Un médecin pakistanais accusé dans son pays d'avoir aidé la CIA à débusquer Oussama Ben Laden, tué il y a plus d'un an par un commando américain dans le nord du Pakistan, a été condamné mercredi à 33 ans de prison par un tribunal tribal, a indiqué l'administration.

    Shakeel Afridi, un chirurgien accusé d'avoir mené une fausse campagne de vaccination à Abbottabad, la ville où se terrait le chef d'Al-Qaïda avec ses quatre femmes et ses enfants, pour prélever leur ADN, a été condamné en première instance par un tribunal tribal du district semi-autonome de Khyber, dans le nord-ouest du Pakistan, d'où il est originaire.

    Les tribunaux tribaux sont compétents dans les zones tribales semi-autonomes du Pakistan mais tout appel est ensuite jugé par les juridictions de droit commun, avec l'aide d'un avocat. L'accusé n'était pas présent à son procès et les tribunaux tribaux interdisent qu'il prenne un avocat pour se défendre.

    Certains juristes estiment cependant que pour de telles accusations, il ne peut être jugé par les tribunaux tribaux. Qui plus est, ils assurent que les faits reprochés ayant été commis dans un autre district que celui de Khyber, non tribal celui-là, la juridiction qui l'a jugé mercredi n'est pas compétente.

    "Il a été condamné à 33 ans de prison" notamment pour trahison et complot contre l'Etat, et conduit à la prison centrale de Peshawar, la grande ville du nord-ouest, a déclaré à l'AFP Mohammad Siddiq, porte-parole de l'administration du district de Khyber.

    Oussama ben Laden a été tué le 2 mai 2011 par un commando de Navy Seals, des soldats d'élite américains, héliportés de nuit à Abbottabad, officiellement au nez et à la barbe des autorités pakistanaises selon Washington et Islamabad, qui avait protesté.

    Cette "violation de la souveraineté du Pakistan" selon Islamabad, est l'une des principales pierres d'achoppement au réchauffement des relations entre les Etats-Unis et le Pakistan, pourtant leur allié-clé dans leur "guerre contre le terrorisme" depuis fin 2001.

    Mais Washington soupçonne certains membres de l'armée ou du renseignement pakistanais d'avoir eu connaissance de la présence de Ben Laden à Abbottabad, une ville-garnison à deux heures de route d'Islamabad, voire de l'avoir aidé à s'y terrer au moins cinq années, ce que les autorités pakistanaises démentent avec fermeté.

    Le Dr Shakeel Afridi, un médecin du gouvernement, avait été licencié il y a deux mois. En plus de la peine de prison, le tribunal de Khyber lui a infligé une amende de 320.000 roupies (environ 2.700 euros). Son avocat n'a pas pu être contacté mais il est fort probable qu'il fasse appel.

    En tout état de cause, le sort du Dr Afridi demeure un mystère: il a été arrêté par les tout puissants services de renseignement pakistanais peu après le raid fatal à Ben Laden et personne n'a de nouvelle de lui depuis.

    En janvier dernier, le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta avait confirmé que le Dr Afridi travaillait pour le renseignement américain pour tenter de prélever de l'ADN des nombreux enfants présents dans une maison d'Abbottabad où la CIA soupçonnait Ben Laden de se cacher. Washington avait alors exprimé son inquiétude sur le sort du médecin et réclamé sa remise en liberté.

    "Il n'a commis aucun acte de trahison à l'égard du Pakistan", avait estimé M. Panetta sur la chaîne de télévision américaine CBS.

    "Je considère comme une réelle erreur de leur part d'agir ainsi à son égard alors qu'il aidait à lutter contre le terrorisme", avait ajouté le chef du Pentagone.


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  • Un tribunal militaire a requis la peine capitale contre l'ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali jugé par contumace pour son rôle dans la répression de janvier 2011 à Thala et Kasserine, deux villes emblématiques de la révolution tunisienne.

    Le procureur du tribunal militaire du Kef (nord-ouest) a requis la peine capitale pour l'ex-président, poursuivi pour "complicité d'homicides volontaires". Il a demandé "les sanctions les plus sévères possibles" pour ses 22 co-accusés, anciens hauts responsables du régime, poursuivis pour la mort d'au moins 22 personnes à Thala et Kasserine, deux villes du centre qui ont payé un lourd tribut au soulèvement populaire qui provoqua la fuite en Arabie saoudite de Ben Ali le 14 janvier 2011.

    C'est la première fois que la peine capitale est requise contre l'ancien président tunisien, qui fait l'objet de dizaines d'actions en justice devant les justices militaire et civile.

    Ben Ali a déjà cumulé au civil des condamnations à 66 ans de prison notamment pour détournements de fonds, trafic de drogue et abus de biens publics. Il fait l'objet avec son épouse Leïla Trabelsi d'un mandat d'arrêt international, mais l'Arabie saoudite n'a jamais jusqu'à présent répondu aux demandes d'extradition tunisiennes.

    Les réquisitions du procureur ont été accueillies avec étonnement par plusieurs avocats, y compris de la partie civile.

    "Ben Ali n'est pas l'acteur principal de ces homicides, il est poursuivi pour complicité et pourtant le procureur requiert contre lui une peine plus importante que contre ceux qui sont poursuivis pour homicides", a déclaré à l'AFP Abderraouf Ayadi, défenseur d'une des familles de victimes.

    "Je pense que la justice essaye de trouver un compromis avec les familles des martyrs plutôt que de faire un procès équitable, il n'y a pas de volonté de connaître les véritables responsables", a-t-il déploré.

    De son côté, Othman Oueslati, avocat d'un autre prévenu, l'ancien ministre de l'Intérieur Rafik Belhaj Kacem, a assuré que son client n'avait "jamais reçu des instructions de Ben Ali pour tuer". "Ce procès ne tient pas sur le fond et sur la forme", a-t-il dit, cité par l'agence TAP.

    Parmi les inculpés figurent un autre ex-ministre de l'Intérieur Ahmed Friaâ, l'ancien directeur général de la sûreté Adel Tiouiri, l'ex-chef des brigades spéciales, Jalel Boudriga, ou encore l'ex-chef de la sécurité présidentielle, Ali Seriati.

    Tout au long du procès du Kef, entamé fin novembre 2O11, aucun des prévenus n'a reconnu avoir donné l'ordre de tirer sur les manifestants de Thala et Kasserine. Chacun a renvoyé la responsabilité à une "cellule sécuritaire de suivi" ou à "la salle d'opération" du ministère de l'Intérieur, sans jamais mentionner de noms.

    Mais l'ancien Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi, qui dirigea le premier gouvernement post-Ben Ali, avait témoigné en janvier devant le tribunal du Kef et mis en cause le président déchu.

    Il avait notamment assuré avoir appelé Ben Ali le 9 janvier pour lui demander d'arrêter les tirs à balles réelles contre la population à Kasserine. Ben Ali aurait alors justifié l'usage des armes comme une "légitime défense".

    Les plaidoieries de la défense doivent se poursuivre encore plusieurs jours.


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