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  • Après trois mois de délibérés, Dominique de Villepin sera fixé sur son sort jeudi dans le procès Clearstream. Un jugement également attendu par Nicolas Sarkozy, partie civile au procès, qui a promis de voir les responsables de cette affaire pendus à un "croc de boucher". Le jugement est rendu à partir de 10 h 30. Hasard du calendrier, c'est le jour de l'anniversaire du président de la République, qui fête jeudi ses 55 ans, qu'est tranchée cette vaste histoire de manipulation, dans laquelle des listings bancaires ont été falsifiés et transmis à la justice afin de faire croire que plusieurs personnalités, dont Nicolas Sarkozy, détenaient des comptes occultes à l'étranger.

    L'ancien Premier ministre affirme attendre la décision du tribunal correctionnel de Paris "avec la sérénité de celui qui n'a rien à se reprocher", dans une vidéo diffusée mardi sur le site de son club politique (clubvillepin.fr). De son côté, le chef de l'État s'est contenté d'indiquer lundi dans son intervention à la télévision : "Que la justice fasse son travail et dise ce qu'elle pense." Une attitude qui tranche avec celle adoptée par le Président lors d'une précédente intervention télévisée. Il y a quatre mois, Nicolas Sarkozy s'était montré beaucoup plus offensif, n'hésitant pas à qualifier de "coupables" les cinq prévenus du procès Clearstream, une déclaration qui avait soulevé "l'émotion" de l'ex-Premier ministre et de ses avocats, qui avaient dénoncé une atteinte à la présomption d'innocence.

    Villepin pourrait y jouer son avenir politique

    Durant l'audience, du 21 septembre au 23 octobre, Dominique de Villepin a eu beau assurer qu'il n'avait "aucune rancoeur" contre le chef de l'État, la tension était plus que palpable et les piques fréquentes. Le dossier est d'autant plus sensible que Dominique de Villepin pourrait y jouer son avenir politique. S'il est jugé coupable de "complicité de dénonciation calomnieuse", il peut être déchu de ses droits civiques et devenir inéligible. Or, depuis quelques mois, l'ancien Premier ministre ne cache plus ses ambitions présidentielles pour l'élection de 2012. Ainsi, la semaine dernière, il s'est fait le héraut d'une politique "alternative", présentant à Bondy, en banlieue parisienne, une ébauche de programme. "L'injustice et les épreuves n'ont fait que redoubler la détermination qui est la mienne", a-t-il déclaré, se disant résolu à servir "la France et les Français".

    Si le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, n'a pas sollicité l'inéligibilité de l'ancien diplomate, il a en revanche requis contre lui une peine de 18 mois de prison avec sursis et une amende de 45.000 euros pour "complicité de dénonciation calomnieuse". Pour le procureur, Dominique de Villepin est coupable d'avoir fermé les yeux, alors qu'il savait que les fichiers étaient des faux. Le parquet considère qu'il aurait pu tout stopper, mais qu'il a choisi de ne pas le faire, trop heureux de gêner Nicolas Sarkozy, alors en pleine course vers l'Élysée.

    Si le sort de Dominique de Villepin est le plus médiatique, quatre autres prévenus attendent, eux aussi, le jugement : le mathématicien Imad Lahoud, l'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin, l'ancien auditeur d'Arthur Andersen Florian Bourges et le journaliste Denis Robert. La plus grosse énigme reste le partage des responsabilités entre Lahoud et Gergorin. Alors que le mathématicien affirme avoir été la petite main de l'énarque, le stratège aéronautique déclare, lui, avoir été manipulé par le vibrionnant Lahoud.

    Mais la décision de jeudi ne constituera sans doute pas l'épilogue de cette ténébreuse affaire, les prévenus, dont Dominique de Villepin, mais aussi Nicolas Sarkozy, ayant la possibilité de la porter devant la cour d'appel.


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