• Hollande et Royal, héros de série télé

    Il s’appelle Matthieu Ribero.

    Il porte des lunettes et des costumes mal taillés. Toujours le bon mot suspendu aux lèvres. Son goût de la synthèse vaut à ce rocardien le surnom de « roi du consensus mou ». Elle, c’est Caroline Séguier. Son caractère est à l’image de ses jupes : strict. Signes distinctifs : amoureuse pragmatique et ambitieuse tenace. Tendance mitterrandolâtre.

    Un jour, elle lui dit : « Si tu oublies Rocard, je te laisse m’embrasser. » Ça se passait comme ça à l’ENA, en 1978, dans la promotion Voltaire (à ne pas confondre avec Zadig & Voltaire), celle de François Hollande et Ségolène Royal.

    Toute ressemblance avec des personnages existants ne saurait être que volontaire…

    Le réalisateur Raoul Peck s’est bel et bien inspiré de Ségolène, François et de leurs condisciples pour composer la galerie de personnages de sa série télé en deux épisodes, L’École du pouvoir *. À la lueur de l’actualité politique et sentimentale récente, cette chronique de la méritocratie française, tournée en 2008, prend une dimension nouvelle.

    Les esprits malicieux y décèleront un portrait psychologique en creux du président de la République. Ils mettront en exergue les commentaires railleurs que le personnage suscite chez ses condisciples, comme celui-ci : «Ne serait-il pas à la hauteur des ambitions qu’il professe ? » D’autres y verront un témoignage quasi documentaire sur le réseau qui a aidé François Hollande à conquérir le pouvoir.

    À propos de la promotion Voltaire, Le Nouvel Observateur ne parlet-il pas d’une « armée des ombres » ? Du secrétariat général de l’Élysée (Pierre-René Lemas) à la Caisse des dépôts (Jean-Pierre Jouyet), les « voltairiens » occupent les postes clés du nouveau régime. L’École du pouvoir s’achève en 1986. On aimerait que Raoul Peck nous racontât la suite de l’histoire.

    Titre possible : Le Clan des voltairiens. Parvenus au pouvoir, nos Rastignac de la haute fonction publique se montrent-ils dignes du parrain qu’ils se sont choisis ?Voltaire ! La mascotte de l’ironie française. Le champagne de l’esprit. La haute couture de la liberté. La France, ce grand corps malade, à qui on ne propose plus guère la botte, en aurait bien besoin.

    (*) rediffusée sur Arte le dimanche 1er juillet 2012, à 20h40.


  • Commentaires

    1
    Samedi 23 Avril 2016 à 08:41
    Thinking it is light, ignorance is darkness, ignorance it was heresy for human and most contemptible are those who mistreat subordinates.
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