• Euro 2012 : Les Bleus reviennent au foot champagne “à la Platini”

    Après sa victoire contre l'Ukraine ce vendredi, l'équipe de France a lancé son Euro, et rassuré sur son niveau de jeu. Après les épisodes douloureux des dernières années, le football redevient un spectacle pour les Bleus, et peut laisser augurer un bon parcours dans la compétition...

    Le soleil se lève à l’est. Cette vérité de tous les jours est aussi la vérité en ce qui concerne l’équipe de France de football. La génération Platini était née lors d’un match contre la Tchécoslovaquie contre qui elle avait arraché un match nul méritoire avant de connaître la joie de la qualification pour le Mundial argentin face à la Bulgarie. La génération Zidane est, elle, née un soir d’octobre 1995 à Bucarest lorsqu’elle remporta une victoire qui lui permit de se qualifier pour l’Euro 96 où elle fût éliminée en demi-finale aux tirs au but par la Tchéquie. Ces deux faits marquants de l’histoire de l’équipe de France ne peuvent pas laisser indifférent quand on voit la victoire d’hier au soir à Donetsk face à l’Ukraine, acquise encore une fois contre un pays situé à l’est de l’Europe, victoire qui, on l’espère sera l’acte de naissance d’une troisième génération dorée de tricolores (devenus d’ailleurs monocolores depuis le changement d’équipementier).

    Sur la victoire des français il n y a rien à dire tant la domination, le nombre de tirs cadrés et non cadrés, la possession de balle et la supériorité individuelle et collective furent évidentes. Il faut juste regretter les occasions manquées qui, si elles avaient été converties en buts, auraient offert une très large victoire dès la mi-temps.

    On pouvait s’attendre à un match beaucoup plus ouvert que contre l’Angleterre, l’Ukraine n’ayant pas les joueurs pour défendre et ayant un jeu basé sur l’offensive et la vitesse. On pouvait d’autant plus s’y attendre en voyant la composition de l’équipe de France avec le remplacement de Malouda par Ménez, signe que Laurent Blanc voulait donner plus de vitesse et de percussion dans le jeu. Et, dans ce domaine, inutile de dire que nous fûmes servis avec beaucoup de beau jeu, de percussion, de technique. Il y avait 6 ans et la Coupe du Monde 2006 qu’on n’avait pas vu une équipe de France pratiquer un football aussi chatoyant, aussi séduisant, aussi offensif. Il y avait 6 ans que la France n’avait plus gagné un match lors d’une phase finale de grande compétition et bon sang que c’est bon d’avoir  à nouveau à la bouche la saveur de la victoire.

    Dans l’esprit, tout comme contre l’Angleterre, il y avait une équipe sur le terrain avec une combativité de tous les instants et une volonté de récupérer le ballon à tout prix dès que celui-ci était perdu. Après ce match, on est aujourd’hui surs et certains qu’il y a un groupe France qui est d’autant plus mort de faim qu’il a une revanche à prendre face à la planète entière suite au fiasco de Knysna. Et rien n’est plus dangereux qu’une équipe de France qui n’est pas favorite dans une compétition et qui a quelque chose à se faire pardonner.

    Pour ce qui est des performances individuelles, l’ensemble est très bon. Lloris vécut à peu près le même match que contre l’Angleterre avec un arrêt décisif en première période sur la contre attaque de Chevtchenko et rien à faire ou presque en seconde.

    C’est à cela qu’on reconnaît un grand gardien : Faire l’arrêt qu’il faut au moment qu’il faut. Pour les arrières latéraux, mention très bien pour Debuchy et Clichy, qui avait remplacé Evra. Les deux ont été excellents tant dans le jeu défensif que dans le jeu offensif. Si la titularisation de Debuchy était une évidence à droite, celle de Clichy est elle aussi désormais une évidence à gauche.

    Pour la charnière centrale, il n y a pas grand-chose à dire tant elle fût peu sollicitée. On peut regretter l’erreur de placement qui fit que Chevtchenko n’était pas hors jeu en première période sur la plus grosse occasion ukrainienne mais Lloris sauva les meubles pour suppléer ses défenseurs.

    Pour le reste, Mexès aurait pu marquer de la tête sans un arrêt énorme de Pyatov et Rami montra qu’il avait désormais emmagasiné beaucoup d’expérience en faisant la petite faute qu’il fallait faire lors du seul contre de Chevtchenko en seconde période.

    En jouant des épaules comme il le fallait, il s’assurait sur cette action la récupération du ballon en étant sur que l’arbitre ne sifflerait pas penalty.

    Au milieu de terrain, l’ensemble est lui aussi très bon. Diarra a comme a son habitude tenu la baraque devant la défense tandis que Cabaye fût tout simplement énorme avec un bilan excellent tant en termes de récupération que de construction. Si vous ajoutez à ça le but qui tuait le match et un missile sur le poteau, on peut mettre un quasi 10 sur 10 à l’ancien lillois.

    Nasri toucha un nombre impressionnant de ballons, courut beaucoup tant dans la profondeur que dans la largeur et sût garder le ballon lorsque la France menait. Il est lui aussi à créditer d’un bon match même si on peut regretter certains replis défensifs non effectués (mais vu ce qu’il a couru, peut-être est-ce dû au fait qu’il a certainement connu quelques coups de pompe).

    Menez a montré dans ce match le pire et le meilleur. Le pire avec les occasions manquées en première période  ainsi que sa semelle qui aurait pu laisser l’équipe de France en infériorité numérique pour cause de second carton jaune.

    Le meilleur avec le but qui a libéré l’équipe et qu’il a eu le mérite de mettre au fond alors que sa position lors de la réception du ballon n’était pas évidente pour un droitier. Il partage avec Nasri, outre un très haut niveau technique,le fait d’avoir été parfois un peu laxiste sur ses replis défensifs mais il est certain que si on greffait le gène de la « grinta » de Gennaro Gattuso à ces deux joueurs, l’équipe de France deviendrait alors quasi imbattable. Le dernier milieu est Ribéry.

    Autant dire qu’il a été aussi inqualifiable en 2010 qu’il est bon depuis le début de cet Euro. Battant, rapide, avec l’envie de toujours bien faire pour le collectif, on sent qu’il a une revanche à prendre face à la France entière et ceci pourrait être excellent pour les Tricolores. Sa performance ayant été encore meilleure que contre l’Angleterre, on attend avec impatience les prochains matches.

    Devant, Benzema a fait preuve, comme contre l’Angleterre, de beaucoup d’abnégation. Comme contre l’Angleterre il n’a pas marqué mais contrairement au match contre l’Angleterre, il a délivré deux passes décisives, le contrat est donc rempli pour lui.

    On peut également saluer les remplaçants, M’Vila, Giroud et Martin ayant tous les trois été à la hauteur.

    Mardi face à la Suède un nul suffira pour passer. Les Suédois étant déjà éliminés, on peut penser que leur motivation sera certainement réduite tandis qu’une victoire française assurerait quasiment à coup sur la première place du groupe qui devrait nous permettre d’éviter l’Espagne en quart.

    Ce match ayant marqué la renaissance du football Champagne, tous les espoirs sont permis y compris contre les plus grandes équipes. De toute façon, pour aller au bout, il faudra battre les plus grands et, vu la montée en puissance de l’équipe, tous les espoirs sont désormais permis.

    www.atlantico.fr


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