• Affaire Jackson : les clés du procès Murray

     

     

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    Cinq semaines de débats, près de cinquante témoins, une batterie d'experts médicaux, des images chocs et autant de questions sur les circonstances de la mort de Michael Jackson... Le procès du médecin du "roi de la pop", le docteur Conrad Murray, arrive à son terme sans que tous les mystères aient été levés. Accusé d'avoir tué le chanteur en lui administrant du propofol, un puissant anesthésiant qui a causé sa mort, le médecin encourt jusqu'à 4 ans de prison en cas de condamnation. Son sort est, vendredi 4 novembre, entre les mains du jury de la cour supérieur de Los Angeles, après un réquisitoire ayant qualifié "d'accablantes" les preuves de la culpabilité du médecin. Retour sur un procès fleuve riche en rebondissements.

    Une première audience choc. Voulant frapper fort dès le 27 septembre, date du premier jour de débats, l'accusation a montré une photo du chanteur à l'hôpital après son décès. On y voit la dépouille mortelle de Michael Jackson allongée sur un brancard.

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    La photo projetée lors de la première audience

    La photo projetée lors de la première audienceAFP/MARIO ANZUONI

     

    Puis le procureur a diffusé l'enregistrement d'une conversation téléphonique entre Michael Jackson et son médecin. Nous sommes le 10 mai, soit un mois et demi avant le décès du chanteur. Il est question de la tournée "This is it" pour laquelle le chanteur se prépare. Ce dernier semble être sous l'effet de sédatifs et peine à articuler. "Nous devons être phénoménaux, que quand les gens partent du concert, quand les gens quittent mon concert, je veux qu'ils se disent 'je n'ai jamais rien vu de comparable dans ma vie'", explique-t-il. Il souhaite également être connu comme "le plus grand artiste au monde" et fait part de son intention d'utiliser les bénéfices de la tournée pour financer un immense hôpital pour enfants à qui il donnerait son nom. Plus généralement, l'ombre du chanteur a pesé sur les débats pendant les six semaines. Aussi bien par la mobilisation de ses fans, qui pouvaient notamment suivre les audiences à la télévision et sur Internet, que par les détails sur sa vie privée révélés lors du procès.  
    Ci-dessous un extrait de l'enregistrement.

     

     

    Une bataille d'experts. Tout au long des débats, des experts cités par la défense comme par l'accusation se sont succédé pour tenter de déterminer les circonstances de la mort du chanteur. Si l'autopsie et les analyses toxicologiques ont révélé que Michael Jackson était bien mort d'une surdose de propofol prescrit par son médecin, les questions ont porté sur les fautes présumées du docteur Murray et sur la relation que le chanteur entretenait avec les médicaments. L'accusation affirme que le docteur Murray a abandonné son patient et lui a fourni des soins "très éloignés des critères requis".

    Le 21 octobre, le docteur Shafer, cité par le parquet, accuse le docteur Murray d'avoir menti aux enquêteurs sur la quantité de médicaments qu'il avait délivré à la star. Selon l'expert, le Dr Murray a administré au chanteur quatre fois plus de propofol qu'il ne l'a reconnu, soit 100 mg, assure-t-il. Le 27 octobre, c'est au tour du médecin anesthésiste Paul White, cité comme témoin par la défense, de donner son interprétation des analyses toxicologiques du chanteur. Selon lui, la théorie du Dr Shafer d'une injection de 100 mg de propofol est "incompatible" avec les niveaux de l'anesthésiant retrouvés dans l'urine du chanteur. Il pense plutôt que ce dernier "s'est auto-injecté (...) une dose supplémentaire de 25 mg".

     

    Un résumé des analyses toxicologiques réalisés sur Michael Jackson et présenté à l'audience

    Un résumé des analyses toxicologiques réalisés sur Michael Jackson et présenté à l'audienceAP/Paul Buck

     

    Expertise contre expertise, il n'en reste pas moins qu'il est encore difficile de dire ce qu'avait absorbé Michael Jackson au matin de sa mort. Un médecin interrogé quelques jours plus tôt avait tranché de manière définitive en assurant qu'il était "incompréhensible" que le Dr Murray ait utilisé du propofol pour traiter une insomnie. "Cela ne se fait même pas dans un espace hospitalier", avait-il ajouté.

    La stratégie de la défense. Après avoir dans un premier temps assuré que Michael Jackson, auquel Conrad Murray avait administré du propofol le matin de sa mort, en aurait absorbé une dose supplémentaire en l'absence du docteur, les avocats Ed Chernoff et Michael Flanagan ont créé la surprise au milieu de la troisième semaine d'audience en abandonnant cette thèse. Ils plaident désormais que le chanteur aurait avalé plusieurs pilules de lorazepam, un sédatif retrouvé dans le corps du chanteur et qui a contribué à sa mort. Une belle occasion qu'a saisie le procureur Walgren pour dénoncer une défense "constamment changeante".

    S'il est établi que M. Murray a quitté la chambre de Michael Jackson – il l'a reconnu lui-même devant la police – pendant qu'il lui administrait du propofol en intraveineuse et qu'il a énormément tardé à appeler les urgences après avoir découvert que le chanteur ne respirait plus, sa défense ne s'est pas risquée à essayer de démontrer que son client était irréprochable. Ce qu'elle veut, c'est convaincre le jury que c'est sa dépendance aux médicaments, et non la négligeance de son médecin, qui a entraîné la mort brutale du chanteur.

    Un procureur redoutable. Il est le pire ennemi du docteur Conrad Murray. Le procureur David Walgren n'a cessé de répéter tout au long de l'audience que le médecin avait "abandonné" son patient malgré un salaire mensuel de 150 000 dollars. A plusieurs reprises il a fait vaciller des témoins et son réquisitoire, jeudi 3 novembre, a été particulièrement remarqué. "Les preuves dans ce dossier sont accablantes" et montrent que "Conrad Murray a agi avec une négligence criminelle, que Conrad Murray a causé la mort de Michael Jackson. Que Conrad Murray a laissé Prince, Paris et Blanket [les enfants Jackson] sans père". "Pour eux, ce dossier ne se termine pas aujourd'hui, ni demain, ni même le jour suivant. Pour les enfants de Michael Jackson, cette affaire ne se terminera jamais, parce qu'ils n'ont plus de père", a-t-il lancé en s'adressant aux membres du jury.

    Selon le procureur, le chanteur et son docteur n'avaient pas une relation médecin-patient mais "employé-employeur. Et le service à rendre était de fournir du propofol" à la star, pour un salaire de 150 000 dollars par mois. Des déclarations saluées par les fans du chanteur, qui l'ont acclamé à sa sortie de l'audience.

    Ci-dessous le réquisitoire du procureur David Walgren (à partir de 1 min 50 s)


     

    Quand un témoin clé vacille. Matraqué de questions par le procureur Walgren lors de l'audience du 31 octobre, le docteur White, témoin clé de la défense, a peu à peu admis que le praticien avait commis des erreurs le jour de la mort du chanteur, reconnaissant notamment qu'il "aurait dû appeler les urgences plus tôt". "Etes-vous d'accord pour dire qu'il y a des moments où le docteur Murray s'est écarté des normes en matière de soins, le 25 juin 2009 ?", a demandé M. Walgren. "Oui", a répondu le Dr White, spécialiste mondialement reconnu du propofol. "Pouvez-vous justifier le fait que Conrad Murray n'ait pas appelé plus tôt les urgences ?" "Je ne peux pas, a répondu le témoin. Il aurait dû appeler les urgences plus tôt".

    David Walgren a par ailleurs demandé au Dr White s'il aurait accepté d'administrer du propofol à Michael Jackson chaque nuit pendant deux mois, à sa demande. "Je ne l'aurais même pas envisagé", a-t-il assuré. Un coup dur pour le docteur Murray, quatre jours avant le verdict.

     

     

    Un médecin critiqué. Si jusqu'en 2009 le parcours du docteur Murray apparaît irréprochable, de nombreux témoins ont dressé le portrait d'un homme négligent, voire incompétent par la suite. L'assistant personnel de Michael Jackson a par exemple décrit la "panique" du médecin le jour du décès de la star et sa tentative "bizarre" de récupérer des "crèmes" dans la demeure du chanteur, juste après sa mort.

    De son côté, l'agent de sécurité de la star, Alberto Alvarez, a raconté à la barre qu'il avait dû aider le médecin à dissimuler, avant l'arrivée des secours, les sédatifs administrés. Des documents judiciaires avaient révélé par ailleurs qu'au moment d'entrer au service du chanteur, Conrad Murray était endetté à hauteur de 750 000 dollars. Fidèle à l'attitude discrète qu'il a adoptée pendant les débats, il a finalement décidé de ne pas témoigner comme il en avait le droit pour étayer sa propre défense.

    Le dernier acte. Avant que les membres du jury ne délibèrent, le juge Pastor leur a expliqué en détail le chef d'accusation d'homicide involontaire sur lequel ils vont devoir se prononcer. Ce chef d'accusation repose sur deux allégations : "L'accusé a procédé à un acte légal [l'administration du propofol] mais avec une négligence criminelle" et "l'accusé a manqué, en raison d'une négligence criminelle, à une obligation légale [prendre soin de son patient]".

    Peu avant, il avait rappelé que "l'accusé est présumé innocent" et que "rien de ce que disent les avocats ou le procureur ne constitue une preuve. Seules les réponses des témoins sont des preuves".

    Le Monde.fr avec AFP

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